07 mars 2009
Bizarre Bizarre....
Serge revient après une longue absence.....
...Mais elle se fait pardonner en vous proposant aujourd'hui une interview de
Camille Grosperrin alias Caillou, une jeune illustratrice et designer textile.
Serge: Pourrais-tu te présenter en quelques mots?
Camille: Je m'appelle Camille, j'ai 21 ans.
Je suis une fille pour moitié pétasse-futile, pour moitié féministe-passive.
J'aime jouer avec des aiguilles, dessiner des choses fines et compliquées.
J'aime aussi les poneys, le rose, les poils sous les bras, Patti Smith, tous les animaux à fourrure, sans exception.
J'aime les animaux vivants et morts.
Serge: Pourquoi avoir choisi des études de design textile?
Camille: Pour pouvoir tout à la fois développer une pratique de l'illustration et un rapport aux matières, aux aspects, aux touchers.
Pour explorer le lien entre illustration et motif, pour me poser la question du support du trait.
Egalement
par envie d'apprendre ces techniques de grand-mère que sont la couture,
la broderie, le tricot, le crochet, qui m'était totalement étrangères.
Serge: Ta façon de dessiner est assez particulière. Comment s'est développé ce style? As tu des références, des univers singuliers qui t'ont inspirés?
Camille: Je
crois que mon dessin s'est réellement affirmé après ma rencontre avec
Nathalie Lété, chez qui j'ai effectué un stage il y a deux ans.
Elle
m'a poussé à développer beaucoup de choses, tant sur le plan du dessin
que de la création textile. Découvrir son univers et sa manière de
travailler, interagir avec elle ont été pour moi des éléments
déclencheurs. J'ai ressenti le besoin d'aller plus loin dans ce que je
mettais en place, notamment sur le plan graphique. C'est une rencontre
qui a vraiment influencé ma façon de travailler, et qui m'a permis de
développer ma pratique actuelle tournée autour de ce rapport
particulier au dessin et à la broderie.
Serge: Pourquoi avoir choisi de représenter les animaux, et de manière réaliste (proche de la technique de gravure ou de lithographie)?
Camille: L'envie de dessiner des animaux m'est venue lorsque j'ai adopté des rats, il y a trois ans.
J'étais complètement fascinée par eux, je me suis mise à les photographier, et à les redessiner.
Puis
je me suis mise à collecter des tonnes d'images d'animaux, au début
uniquement des animaux à fourure, petits. Je suis passée des rats à la
belette, puis au loup, enfin au tigre.
J'ai une véritable
fascination pour les animaux à fourure, c'est une matière vraiment très
particulière, avec laquelle j'entretiens un rapport fort, axé autour de
la notion de sexualité et de sensualité.
Cet aspect réaliste de mes dessins n'est pas un objectif que je me fixe en soi.
Mais
j'ai un rapport au trait que l'on retrouve dans la broderie, dans ce
rapport de répétition et de labeur, qui fait que mes dessins sont
travaillés.
Serge: Comment procèdes tu pour travailler? Quelles sont les techniques que tu utilises?
Camille: Je
travaille toujours exclusivement d'après photo. J'ai besoin d'un
support pour commencer un dessin, je fais toujours des recherches, je
choisis des images, j'en sélectionne, même si au final ce n'est bien
sûr pas juste pour les "recopier", mais avec elles je définis une
ambiance, une atmosphère. Je m'oriente dans une certaine direction en
fonction de ce que je collecte et de comment j'associe mes images.
Soit
mon dessin est une finalité en soit, soit je ressens le besoin de le
sérigraphier sur tissu et de le broder, pour en faire un objet à part
entière, à prendre en compte dans ses 3 dimensions.
Serge: Quels sont tes projets actuels et d'avenir? que comptes-tu faire une fois ton diplôme en poche?
Camille: Pour l'instant mes projets s'axent autour de trois axes : l'illustration, le travail de plasticienne, et la création textile.
J'ai
envie de continuer à faire de l'illustration, j'aimerais enchainer
bientôt sur un nouveau livre, je suis en train d'y penser.
Je
souhaite aussi faire avancer la marque d'accessoires textiles enfant
que je viens de créer avec mon amie Lisa, "Bandit bambi". On veut
pouvoir pleins d'éditions en série limitées sur des thèmes qui nous
plaisent, développer une gamme d'objets très différents, peut-être même
faire du vêtement.
Et à côté j'aimerais pouvoir continuer de
développer un travail plus personnel, de plasticienne, j'y travaille en
ce moment à l'école. J'aimerais exposer.
Je ne sais pas trop encore
jusqu'où je vais continuer mes études. Peut-être vais-je encore rester
à l'école un an, peut-être trois... On verra bien!
Camille a également illustré un texte de Corinne Dreyfus Capucine pour Diantre! édition
Courez vite sur son blog et sur le site de Bandit Bambi (bientôt en ligne)
Toutes les images sont tirées du blog de Camille
10 janvier 2009
Le coup de coeur de Serge
Bibi et gros noeuds dans notre chevelure d'hiver...
Coup de Coeur pour les créations d'Emmanuelle Esther et Oriane Rousset qui créent de véritables bijoux hivernaux pour notre chevelure.
Emmanuelle, la "Tricopathe"nous séduit avec ses maxi noeuds en laine et mohair , à porter en barette ou en serre tête. Ils m'évoquent les rubans de satin et de velours que je portais enfants, un pour chaque jour, assorties à ma garde robe. Emmanuelle les crée dans des couleurs rafinnées (blanc et or, gris taupe, noir et bordeaux) très chic, et aussi plus flashy comme ce merveilleux fushia. Magnifique!
Oriane Rousset nous évoque les années folles avec ses jolis bibis. En noir et or, ses spirales, oiseaux et serpents, donnent à la coiffure une allure rétro chic très flatteuse! Elle nous charme également avec son énorme bibi coeur rouge tout droit sorti d'un film d'Almodovar.
Quelques liens
Le site d'Emmanuelle Esther:
Le Blog D'oriane Rousset:
chicnkitsch-lesaccessoires.blogspot.com
27 décembre 2008
Francis Bacon à la Tate Britain
Me voilà revenue de Londres pour un périple court dans la durée mais fort en émotion!
Comme promis, une petite rétrospective de l'exposition Francis Bacon à la Tate Britain de Londres.

John Deakin, Portrait de Francis Bacon avec quartiers de viande, 1952
Exposition totalement fascinante, où l'on redécouvre les oeuvres de Bacon, dans toutes leurs captivantes beautés.
Beauté des corps déchirés, démembrés, arrachés, posés sur un fil où tout peut basculer, ou au milieu d'une arène, prêts au combat. Nous approchons cette sensuelle et violente "corporalité" et sommes captivés, envoutés par les effets de matières, de brosse, d'empâtement, dont une fureur passionnée se dégage. L'artiste dévoile toute son énergie créatrice, pulsions profondes d'un autodidacte sensible et tourmenté.
Quelle émotion face aux triptyques monumentaux sur fond mauve, orange, jaune où des personnages voyeurs, dévisageurs/ dévisagés, torturés, luttent avec leur propre identité.

Three studies for a crucifixion, 1962
Crucifixion, 1965
Triptych, August, 1972
L'exposition nous fait déambuler de salles en salles par thèmes: Animal, Zone, Apprehension, Crucifixion, Crisis, Archive, Portrait, Memorial, Epic, Late.Archive nous donne des clés pour comprendre l'euvre de Bacon. Elle nous expose les reliques de l'atelier de l'artiste: photographies, images, dessins préparatoires, reproductions d'oeuvres. Une belle découverte, notamment ces photomatons de l'artiste, visiblement embarrassé par sa propre image. Scénographie très réussie donc qui nous plonge dans les préoccupations et mythologies personnelles du peintre selon les époques (de 1940 à 1991) La salle .
Cette exposition est encore visible jusqu'au 3 janvier 2009. Courrez-y !
A lire: Francis Bacon, logique de la sensation de Gilles Deleuze
A voir: Love Is the Devil: Study for a Portrait of Francis Bacon de John Maybury (1998)
A voir également, les photographies de notre périple londonien par Romain Ledroit: ledrom.wordpress.com
13 décembre 2008
La Curiosité du Samedi by Serge
Les précieux trophées d'Angela Singer
L'artiste
Néo-Zélandaise Angela Singer, explore la notion de
chasse et de trophée depuis de nombreuses années. Vive
activiste pour le droit des animaux, elle s'efforce , dans son
oeuvre, de nous éclairer sur la tendance humaine à
exploiter le royaume animal. Par un effet effrayant, ces carcasses
mettent en lumière la beauté naturelle violée
par la main humaine.
D'une manière ironique, l'artiste nous propose ses "de-taxidermy", renversant les codes de cette pratique. Elle explore les limites entre décoration et mort, usant de pièces taxidermiques anciennes auxquelles elles ajoutent de précieux apparats. Le résultat est à la fois surprenant, effrayant et morbide, mais on ne peut s'empêcher de dire qu'on y trouve une certaine beauté. Ces compositions paraissent si précieuses par leur composition, leurs couleurs et leur formes, qu'on ne peut y voir qu'un subtil et sublime objet. Singer réussit donc, par ce moyen, à rendre la mort et la cruauté belle et ainsi, à rendre la cause pour laquelle elle milite, visible.
En dépit de la cause profonde qui on fait naitre ces oeuvres, nous pouvons y voir de véritables bizarreries, dignent des fameux cabinets de curiosités, qui ne sont pas sans rappeler les étranges compositions de Thomas Grünfeld ou même des Nouveaux Réalistes comme Daniel Spoerri.







